« Une université populaire de l'EPS et du sport »
Pilier 4 - Quels enseignants et quel métier ?
Table ronde 1
19/11, 16h15-18h00
La liberté pédagogique, nouvel outil de la gestion capitaliste de l’école
La liberté pédagogique est au cœur de l’exercice du métier d’enseignant·e. Choix des méthodes d’apprentissage, de pratiques pédagogiques ou de médiations, elle constitue l’une des balises essentielles pour les professeur·es, non seulement pour préserver la qualité de leur métier, mais aussi pour s’adapter aux élèves et aux situations rencontrées. C’est également une protection de la définition même de la profession, permettant d’éviter toute injonction arbitraire. Si les programmes disciplinaires fixent les objectifs nationaux, ils ne doivent pas brider les enseignant·es, mais leur conférer plus de pouvoir d’agir pour faire apprendre et progresser tou·tes les élèves.
Pourtant, le New Public Management, qui rationalise, marchandise et renforce le contrôle, instrumentalise cette question pour rendre les enseignant·es responsables de l’échec des élèves, sans assumer sa propre responsabilité au regard de la dégradation des conditions d’enseignement. Décryptage d’un usage controversé d’un concept qui tend à faire perdre tout sens au métier d’enseignant·e.
Les intervenant·es
BECHTOLD Evelyne : IPR de philosophie dans l’académie d’Aix-Marseille. Elle a écrit « Pourquoi joindre l’inutile au désagréable ? » (L’Atelier, 2018). Avant d’être inspectrice, elle a été professeure de philosophie pendant 20 ans dans un lycée ZEP du nord de l’Essone, formatrice de jeunes professeur·es de philosophie à l’ESPE de Nanterre et présidente de l’institut de recherche de la FSU.
MARTINACHE Igor : Maître de conférences à l’UFR STAPS de l’Université Paris Nanterre. Il est notamment co‑auteur, avec Géraldine Farges, de l’ouvrage Enseignants : le grand déclassement ? (PUF, 2025). Il a soutenu une thèse de science politique consacrée à la politisation des activités physiques et sportives dans le milieu communiste français. Ses recherches actuelles portent sur l’articulation entre engagements professionnels et militants chez les enseignant·es d’EPS, ainsi que sur les centres de santé municipaux, sous l’angle de la recomposition des groupes professionnels qui y exercent.
Table ronde 2
19/11, 16h15-18h00
4h d'EPS pour tou·tes les élèves, une priorité nationale ?
Le SNEP-FSU porte la mise en place de 4h d’EPS sur l’ensemble de la scolarité. Cette mesure ne manque pas d’interroger.
Dans sa mise en œuvre d’abord, car elle incite à penser le contenu d’une EPS de qualité, les conditions du recrutement des enseignant-es, du nombre et de la disponibilité des installations sportives, de l’équilibre entre les différents enseignements… Mais aussi sur son ambition : là où les politiques publiques de santé à destination de la jeunesse (30 minutes d’APQ à l’école, tests physiques en 6ème…) semblent se focaliser sur un développement à court terme des capacités physiques des élèves, les 4h d’EPS visent, en plus la construction d’un « bien devenir » pour reprendre les mots de Meirieu.
À travers cette mesure, et sans tomber dans une utopie naïve, nous croiserons plusieurs regards pour discuter les conditions de réalisation d’une politique ambitieuse de santé pour la jeunesse, incluant des enjeux multiples sur un temps long.
Les intervenant·es
CORRION Karine : Maître de conférences en psychologie sociale appliquée au sport et à la santé à l’Université Côte d’Azur. Ses travaux portent notamment sur les déterminants et la promotion de la santé et de l’activité physique, au sein du Laboratoire Motricité Humaine Expertise Sport Santé (LAMHESS).
POCHON Sarah : Maître de conférences en STAPS à l’université d’Artois. Ses travaux prennent pour objet l’enseignement de l’EPS et s’intéressent à la formation des enseignant·es ainsi qu’aux contextes d’enseignement privilégiés et vulnérables.
BENECH Coralie : Co-secrétaire générale du SNEP-FSU et professeure d’EPS à Paris. Elle écrit et intervient régulièrement pour défendre une vision sociale et émancipatrice de l’EPS et du sport scolaire.
Table ronde 3
21/11, 9h30-11h00
Enseigner pour normaliser ou libérer
L’Éducation nouvelle s’est construite sur la volonté de prévenir l’émergence d’une génération capable de produire à nouveau l’horreur des guerres. Elle portait l’espoir qu’une école émancipatrice puisse former des individus autonomes, responsables et profondément humanistes.
Pourtant, nous ne pouvons aujourd’hui que constater l’échec partiel de cet idéal : de jeunes citoyen·nes s’engagent encore dans des conflits armés, tandis que d’autres se laissent attirer par des formes d’extrémisme et de fascisme. Face à la montée de l’extrême droite, la question se pose avec acuité : l’école doit elle œuvrer plus fortement encore à libérer les individus et à développer leur esprit critique ?
Et, plus largement, dans quelle mesure l’école d’aujourd’hui parvient-elle à répondre aux besoins d’une société qui semble exiger des citoyen·nes de plus en plus normalisé·es, adaptables et rapidement employables ? L’écart entre la mission émancipatrice de l’éducation et les attentes socio-économiques contemporaines apparaît ainsi comme un enjeu majeur et profondément politique.
Les intervenant·es
CHAMBAT Grégory : Enseignant, militant syndical et pédagogique. Il est militant de la CNT-éducation et co-anime la revue Autre École. Il est également membre du collectif d’animation du site et de la revue Questions de classe(s). Il s’intéresse depuis plusieurs années à la pénétration des idées d’extrême droite en matière d’éducation.
CHARBONNIER Vincent : Philosophe, enseignant-formateur depuis 2017 en philosophie et sciences de l’éducation à l’Université de Nantes, au sein de l’INSPÉ, reconnu comme un spécialiste de György LUKÁCS, du marxisme et des philosophies critiques. Il travaille notamment sur GRAMSCI et les questions d’éducation, de savoirs et de rationalité.
Table ronde 4
21/11, 11h45-12h45
Est-ce que le travail c’est la santé ?
L’écart entre le travail « prescrit » et le travail « réel » est au cœur des problématiques de santé au travail, ce que l’institution fixe comme finalités à l’agent.e, ce qu’il lui est demandé de faire, et ce que l’agent.e fait concrètement pour atteindre le résultat, ce qui est mis à sa disposition pour cela. Cette dialectique renvoie nécessairement aux ajustements que nous mettons en œuvre chaque jour pour accomplir un travail de qualité au service de l’intérêt général, pour ce qui concerne notre champ, tout en protégeant nos corps. Quand l’écart est trop grand, les compensations mise en œuvre entrainent de l’usure est c’est la santé dans ces différentes composantes qui est remise en cause (physique, sociale et psychique).
Nous nous proposerons, dans cette table ronde, d’aller plus loin encore et d’envisager les conditions du travail « bien fait », porteur de sens, et interrogerons le travail comme opérateur de santé.
Les intervenant·es
BRIEC Cécile : Professeure Associée au sein de l’équipe de psychologie du travail. Ergonome de formation initiale elle a engagé un doctorat en psychologie du travail et plus particulièrement en clinique de l’activité (sous la direction d’Y.Clot) pour approfondir les rapports entre santé et travail.
MOREAU Hervé : Professeur agrégé de SES au lycée St John Perse de Pau. Secrétaire national du SnesFsu en charge des questions de santé, de travail et de protection sociale et secrétaire de la FSSSCT ministérielle.
BARNIER Louis-Marie : Sociologue du travail, docteur en sociologie et chercheur associé au laboratoire d’économie et de sociologie du travail, dont les domaines de recherche recouvrent la santé au travail et le syndicalisme notamment. Membre de la fondation Copernic et du conseil scientifique d’Attac.
