« Une université populaire de l'EPS et du sport »

Pilier 1 - EPS & Société

Table ronde 1

Apprendre ensemble des techniques sportives et artistiques, un enjeu pour l’EPS

L’institution définit l’EPS autour de 5 champs d’apprentissage. Ils sont devenus la matrice disciplinaire et la définition de ce que serait une EPS équilibrée. L’option culturaliste soutenue par le SNEP définit quant à elle l’étude des techniques comme enjeu essentiel de l’EPS. La fonction d’une discipline scolaire est la transmission de savoirs reconnus comme éléments clés de la culture. L’école a pour mission de garantir que les enfants partagent cette culture commune. L’EPS, c’est donc des expériences à vivre et à partager mais l’enseignant·e d’EPS doit aussi garantir la construction de savoirs, au risque sinon que cette expérience reste individuelle et dépende du traitement de chacun pour en construire les savoirs.

Les intervenant·es

DONATE Éric : Enseignant d’EPS dans l’académie de Lyon, membre du secteur pédagogique du SNEP-FSU, il travaille notamment la question des contenus de l’EPS, des programmes et de l’évaluation en EPS.

VISIOLI Jérome : Maître de conférences au STAPS de Brest, membre du Centre de Recherche sur l’Education les Apprentissages et la Didactique, Il mène des recherches sur les techniques et les émotions, l’EPS et la performance.

Table ronde 2

Flemme ! Jeunesse lève-toi et joue

Aujourd’hui, la jeunesse bouge moins. Les écrans occupent une place grandissante, le temps de pratique physique diminue, et les inégalités d’accès au sport se creusent. Pendant que certain·es continuent à faire du sport régulièrement, d’autres ne pratiquent plus qu’une activité physique minimale — quand elles/ils en font encore. Pourtant, le sport reste un puissant levier d’émancipation. Il permet aussi de développer l’éducation et la santé. Les politiques publiques l’ont bien compris, mais elles se heurtent à une réalité complexe : sans action globale, cohérente et systémique, les effets restent limités. Et si nous changions de perspective ? Et si, au lieu de simplement constater la baisse de pratique, nous travaillions enfin sur les causes de l’abandon ? Car derrière chaque jeune qui décroche, il y a des obstacles concrets, des solutions possibles, et surtout un potentiel immense.

Les intervenant·es

LEFEVRE Lisa : Sociologue et professeure associée à la Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud en Suisse au sein de l’UER de pédagogie spécialisée. Elle travaille sur les expériences corporelles, l’engagement et la participation des élèves à besoins éducatifs particuliers dans le contexte scolaire particulièrement les adolescent.es en surpoids et obèses en éducation physique.

CHEVAL Boris : Enseignant-chercheur en psychologie et neurosciences à l’Université Rennes 2. Ses travaux portent sur les mécanismes cérébraux impliqués dans la prise de décision, les habitudes et la gestion de l’effort. Il est l’auteur de « Le syndrome du paresseux », où il analyse la tendance du cerveau à éviter l’effort et ses conséquences sur nos comportements quotidiens.

LUIGGI Maxime :  Sociologue au sein de l’académie d’Aix‑Marseille, spécialisé dans l’étude des pratiques sportives des jeunes. Ses recherches portent notamment sur les facteurs qui conduisent à l’arrêt de la pratique sportive et sur les conditions favorisant sa continuité, en lien avec les parcours scolaires et sociaux. Il s’intéresse également aux relations entre activité physique, pratiques sportives et enjeux de santé, contribuant à éclairer les politiques éducatives et sportives.

Table ronde 3

Quels sont les défis de l’EPS dans un monde en mouvement ?

L’orientation actuelle de l’EPS, centrée sur les enjeux sanitaires, apparaît particulièrement simpliste. Elle s’inscrit dans un mouvement plus général qui touche l’ensemble des disciplines scolaires : faute de réflexion sur les finalités, on se replie sur les utilités, comme le souligne Philippe Meirieu dans la Revue EPS n°400.

Les réflexions sur l’avenir et les défis de notre discipline sont souvent pensés à travers une fonction contributive à des problématiques sociétales. Elles n’interrogent pas réellement la fonction de l’école ni la place des disciplines scolaires. Elles passent sous silence l’idée d’une école dont la mission essentielle est l’appropriation de la culture, et glissent vers une école curriculaire centrée sur les « éducations à ». Les deux approches doivent-elles nécessairement être mises en opposition ? Quels seront les grands défis que notre société devra résoudre ? Quelle peut être la contribution de l’école, et plus précisément de l’EPS, à ces enjeux ?

Les intervenant·es

VORS Olivier :  Ancien professeur d’EPS, il est chercheur au sein du laboratoire ISM (Institut des Sciences du Mouvement, à Aix-Marseille Université, CNRS), vice-président de l’ARIS. Son activité de recherche qui croise différentes méthodologies, s’inscrit dans le champ des sciences de l’intervention à l’interface entre les STAPS et les Sciences de l’Education. Il s’intéresse particulièrement aux « classes difficiles » et aux politiques éducatives compensatoires. 

UHLRICH Gilles : Ancien professeur d’EPS et entraîneur de rugby, il est actuellement maître de conférences en sciences de l’éducation, Président de l’ARIS.  Il est également membre du laboratoire Complexité, innovation, activités motrices et sportives (CIAMS – Univ. Paris-Saclay, Univ. d’Orléans) et collabore avec le laboratoire de psychologie du travail du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

DIETSCH Guillaume : Agrégé d’EPS, il est enseignant en STAPS à l’Université Paris-Est Créteil. Il enseigne principalement la sociologie et l’histoire du sport et de l’éducation physique et sportive. Coauteur du livre « Une histoire politique de l’EPS. Du XIXe siècle à nos jours » publié en 2022, il rédige en 2024 un nouvel ouvrage, « Les jeunes et le sport. Penser la société de demain », dans lequel il questionne l’évolution des modes de pratiques sportives et les enjeux actuels de notre société. Il s’intéresse à la manière dont les pratiques sportives façonnent et reflètent les évolutions sociales, éducatives et culturelles en France.

Table ronde 4

Individualisation, mobile d’agir, une autre EPS est-elle possible ?

Une partie de l’EPS semble aujourd’hui pensée à partir d’une centration sur l’individu, afin de répondre à ses besoins. Le risque est d’accentuer un individualisme déjà très présent et de ne répondre qu’aux aspirations sociales du moment. Or, le rôle et la fonction de l’école ne sont pas de partir uniquement des besoins des enfants et des jeunes, mais de leur permettre d’en sortir et d’explorer d’autres possibles.

Si les mobiles d’agir mettent en mouvement les individus, ils sont aussi une construction sociale. L’EPS n’a t‑elle pas également pour rôle et fonction de les travailler, afin de construire une culture commune et de permettre d’explorer d’autres mobiles d’agir ?

Les intervenant·es

REITCHESS Serge : Professeur d’Éducation Physique et Sportive à la retraite, ayant longtemps exercé en Seine‑Saint‑Denis (93). Il s’est particulièrement investi dans l’enseignement du rugby, en développant des approches pédagogiques visant la réussite de tou.tes les élèves, dans la lignée des travaux de René DELEPLACE, auxquels il consacre aujourd’hui un travail de thèse. Il a également prolongé cet engagement au sein de l’association Rugby Culturel en Mouvement, contribuant à la diffusion et à l’actualisation de ces approches éducatives.

COUTURIER Christian : Membre du Centre EPS et Société et figure engagée de la réflexion sur l’enseignement de l’éducation physique et sportive. Auteur de nombreux articles sur l’EPS et les programmes scolaires, il développe une analyse critique des orientations institutionnelles et de leurs effets sur les élèves. Il défend une EPS qui ne se limite pas à assigner les élèves à leurs mobiles d’agir initiaux, mais qui vise au contraire à les confronter à des pratiques sociales diversifiées, à ouvrir leurs possibles et à lutter contre les assignations sociales et de genre.

BERGE Francis : Militant de l’EPS, engagé notamment au sein du groupe du CEDREPS au sein de l’AEEPS. Il a porté en particulier l’importance de développer l’étude des activités physiques d’entretien dans l’enseignement de l’EPS. Il défend une conception de l’EPS centrée sur l’entraînement et le développement de soi, contribuant à structurer l’objectif du « champ d’apprentissage 5 » depuis une quinzaine d’années.