« Une université populaire de l'EPS et du sport »
Pilier 2 - Le Sport, un droit pour toutes et tous
Table ronde 1
19/11, 16h15-18h00
L'entraînement de HN aujourd’hui, quels savoirs pour l'EPS ?
Le sport de haut niveau travaille de plus en plus finement sur la formation des sportifs et des sportives. Terrains d’expérimentations et d’innovations, ces savoirs circulent jusque dans le monde de l’EPS, souvent avec un prisme déformant. Où en sommes-nous dans la formation des jeunes sportifs et sportives ? Quelles sont les stratégies des équipes nationales ? Quelles connaissances avons-nous sur la formation et la préparation physique ? Dans quelle mesure ces savoirs sont-ils utilisables en EPS ?
Une table ronde entre praticien.nes des équipes nationales et chercheur.euses sur la préparation physique et l’intelligence collective.
Les intervenant·es
LEYNIER Philippe : Ancien professeur d’EPS devenu cadre technique puis Directeur Technique National adjoint au sein de Fédération Française d’Athlétisme, il a consacré sa carrière à la formation, au développement et à la structuration de l’athlétisme français. Spécialiste des parcours de formation des jeunes, il défend une préparation physique progressive, orientée et spécifique, centrée sur la compréhension des contraintes du geste et la construction d’une condition physique durable.
FORÊTS Éric : Ancien professeur d’EPS devenu entraîneur principal en national 1 avec le club du Pays d’Aix handball, il a un parcours qui relie formation scolaire et exigences du très haut niveau. Passé par l’INSEP, il développe une approche fine de l’entraînement fondée sur l’observation, l’adaptation et l’individualisation. Il porte un regard engagé sur l’EPS, la musculation scolaire, l’avenir du handball, notamment le hand à 4 et les exigences du jeu moderne.
BOZZI Fred : Pongiste, entraîneur et philosophe, il explore la dimension éthique, perceptive et culturelle du geste sportif à partir de son expérience de terrain. Auteur de deux ouvrages, il articule analyse empirique du jeu, complexité de l’action et réflexion sur ce que « jouer le jeu » signifie pour l’athlète. En cela, il éclaire comment les savoirs du haut niveau peuvent nourrir une EPS qui forme des sujets capables d’agir, de comprendre et de donner sens à leurs pratiques.
Table ronde 2
20/11, 16h45-18h30
Sport et égalités, faisons le point
Le sport est aujourd’hui traversé par plusieurs formes de discriminations qui s’articulent entre elles, voire s’amplifient. Les inégalités sont à la fois de classe, de sexe, mais aussi racialisées socialement. Pourtant, des formes sociales du sport peuvent porter une valeur d’universalité et de fraternité. A l’inverse, teinté de discours pour lui donner une valeur positive, il peut dans les faits et les pratiques renforcer les stéréotypes.
Il semble incarner parfaitement ce que Baudrillard appelait le « simulacre » : une représentation qui masque l’absence de ce qu’elle prétend représenter.
Le sport porte-t-il vraiment les signes de l’égalité ?
Les intervenant·es
SAOUDI Ilyes : Professeur d’EPS dans l’académie de Versailles. Il a réalisé un doctorat sur les inégalités en éducation physique. Sa thèse, soutenue en 2024 et récemment diffusée, intitulée Éducation physique et sportive et inégalités socio‑économiques, met en évidence la manière dont les inégalités sociales traversent l’EPS, tant dans les résultats que dans les contenus et les pratiques pédagogiques.
PONTAIS Claire : Membre du Centre EPS et Société. Elle s’investit particulièrement dans l’EPS à l’école primaire et l’égalité. Elle a récemment coordonné un numéro de la revue ContrePied consacré à la question de l’égalité.
ERARD Carine : Sociologue à Dijon, spécialisée dans la sociologie du sport et des pratiques physiques. Ses travaux portent notamment sur les inégalités sociales, en analysant les effets différenciés de l’accès aux activités sportives selon les milieux sociaux et le genre.
Table ronde 3
21/11, 9h30-11h00
Quelles compétitions face aux défis écologiques ?
Face aux défis écologiques, le modèle sportif arrive à un tournant décisif. Faut-il continuer à organiser de grands événements internationaux ou repenser entièrement nos compétitions pour préserver les espaces naturels ? Entre la saturation des sites naturels et les inégalités d’accès, les questions se multiplient. Comment concilier performance, dépassement de soi et responsabilité écologique sans sacrifier l’essence même du sport ? Comment imaginer un sport plus local ? Quelles alternatives concrètes, du calendrier allégé aux infrastructures utilisées, et imaginer ensemble un avenir sportif durable.
Les intervenant·es
LEHENAFF Didier : Ex-sportif et entraîneur, spécialiste de triathlon, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à différentes dimensions du sport ( “Un sport vert pour ma planète” “Regards d’experts sur le triathlon”…). Il est l’initiateur du concept des ‘’Eco-Games’’, jeux éco-sportifs alternatifs inaugurés au Brésil en 2004. Il préside depuis 2006 l’association SVPlanète- un sport vert pour ma Planète bleue- qui milite pour mettre le sport au service de l’environnement.
BIROT Justine : Professionnelle engagée dans le domaine du sport et de l’écologie. Elle est actuellement directrice de l’Institut du Sport Durable, association d’intérêt général et entreprise de l’économie sociale et solidaire. Sa mission est d’accompagner, former et outiller les acteurs du monde sportif pour intégrer la transition écologique dans le sport. Elle est également copilote du rapport ‘’Décarbonnons le sport’’ au sein de “the Shift project”’ (groupe d’experts sur la décarbonnation de l’économie).
OUVRARD Karine : Professeure d’EPS au lycée Aubanel d’Avignon dans le Vaucluse. Elle est spécialiste des sports de Nature (Raid notamment) et contribue au développement de ces activités en EPS et à l’UNSS. Elle milite pour une approche éco-responsable des pratiques sportives en milieu naturel.
PELTIER Mélanie : Professeure d’EPS dans l’académie de Versailles. Élue nationale des associations sportives dans les instances UNSS. Engagée pour le développement du sport scolaire, elle défend un accès aux rencontres et aux compétitions pour toutes et tous, permettant à chaque jeune de pratiquer une activité sportive ou artistique jusqu’à son plus haut niveau.
Table ronde 4
21/11, 11h45-12h45
La création artistique, un besoin fondamental humain ?
Le monde de l’EPS s’articule autour de deux grands champs d’étude : le sport et les arts. Bien que distincts dans leur essence, ils constituent deux dimensions essentielles de la culture corporelle humaine. Si le premier recherche la performance — entendue comme la meilleure réalisation possible au sein d’un système de contraintes —, le second cultive le regard et l’expression du sensible, dans une volonté de création corporelle à visée artistique.
Pourtant, la place des arts à l’école s’étiole face à la pression du temps et aux injonctions de résultats dans les disciplines jugées déterminantes pour la sélection scolaire. Ce constat cynique nous invite à questionner la légitimité des arts à l’école et, plus largement, dans la société. Avons-nous réellement besoin des arts dans le socle culturel commun ? Sont-ils des incontournables de l’apprentissage scolaire ? L’humain qui danse ou qui crée ne touche-t-il pas, précisément, à ce qui le lie à l’humanité ?
Les intervenant·es
KERLAN Alain : Philosophe, professeur des universités à l’Université Lumière Lyon 2, et président de la Sofphied (Société francophone de philosophie de l’éducation). Son travail se situe aux carrefours de la philosophie et de la pédagogie, de l’art et de l’éducation, à la croisée de la sociologie et de la philosophie éducative. Il est l’auteur notamment de « L’art pour éduquer ? » et « Évaluer l’éducation artistique et culturelle ».
PALMER Sophie : Artiste pluridisciplinaire, sa pratique s’inscrit dans une réflexion sur l’héritage et l’innovation, la tradition et la modernité, nourrie par son écriture et sa capacité à initier et sensibiliser des publics variés et intergénérationnels. Formée à la Haute École des Arts de la Scène – La Manufacture à Lausanne et titulaire du D.E de danse contemporaine, elle poursuit un perfectionnement flamenco en France et en Espagne auprès de José Maya, Carmen Ledesma et Andrés Peña. En 2025, elle intègre la Compagnie Kilaï dans le spectacle Blossom.
LECHARDEUR Estelle : Professeure d’EPS, certifiée art-danse. Après avoir enseigné plusieurs années sur la Classe à Horaires Aménagés Danse du Collège REP+ Les Hautes Ourmes à Rennes, elle enseigne désormais la danse contemporaine en STAPS à l’Université Rennes 2. Elle intervient dans la formation initiale et continue des enseignant·es en cultivant l’idée qu’ils et elles seront en première ligne pour proposer une éducation au sensible, par l’art chorégraphique notamment.
